Le passage d’athlète à entraîneur est un changement particulier dans une carrière. Peux-tu nous dire comment cela s’est passé pour toi ?

Alors, je ne suis pas passé complètement de l’un à l’autre, je mets aujourd’hui simplement un pied dans un domaine (l’entraînement) qui fera partie de ma future reconversion. À l’heure actuelle, je suis toujours athlète en équipe de France de ski de fond. Cette découverte de l’autre côté de barrière m’apporte néanmoins beaucoup, car elle me permet de faire une réelle introspection de mon entraînement afin de pouvoir en transmettre certaines clés et processus aux personnes que j’entraîne.

Quelle approche as-tu de l’entraînement ? Celle-ci a-t-elle évoluée depuis que tu es entraîneur ?

Pour moi, l’approche que j’ai aujourd’hui est celle que j’ai en tant qu’athlète. Elle évoluera certainement avec le temps et au contact des gens que j’entraînerai. Parce que mon expérience ne sera jamais celle d’un autre, l’important c’est l’individualisation. Bien sûr il y a des bases qui sont les mêmes pour tous et que tu ne peux couper. Quelqu’un qui veut faire du ski de fond à très haut niveau mais qui ne peut ou ne veut s’entraîner que 10h par semaine, cela risque d’être très très compliqué ! Je dirai que pour moi, l’individualisation donc, mais aussi l’évolution et l’adaptation permanente sont des clés de la réussite. Cela implique une relation très proche avec l’athlète parce que l’aléa fait partie du quotidien du sportif et un programme pré-établi sur le moyen/long-terme aura 90 % de chance d’être modifié au final.

Quels groupes entraînes-tu aujourd’hui ?

Actuellement, j’ai 9 amateurs que je prépare en vue du 42km de la Foulée Blanche au sein de ma structure hôtelière et sportive ZECAMP. C’est assez sympa parce qu’il y a différents profils (de 24 à 60ans, hommes et femmes, déjà compétiteur en ski de fond ou pas encore, etc.) et ça me pousse à sans cesse m’adapter à eux et à tenter de leur apporter quelque chose de différent, d’adapter à chacun d’eux pour qu’ils atteignent leurs objectifs personnels.
J’ai depuis peu également une fille que j’entraîne en vue de sa saison d’hiver à ski de fond et de trail l’été. C’est un autre profil, une autre forme de coaching et avec elle qui a déjà une bonne expérience de la compétition, je peux pousser la machine un peu plus et l’éloigner de sa zone de confort. Mais les principes restent les mêmes : individualisation/adaptation/évolution.

Quels conseils donnerais-tu à un fondeur pour bien gérer son inter-saison ?

Se reposer ! Une phase de récupération c’est 1-2-3 jours maximum. Une phase de repos c’est 21 jours. Il est nécessaire de le faire une fois par an ! On peut évidemment faire de l’activité physique, mais peu intensive et surtout peu coûteuse mentalement. Le corps doit se régénérer, ça c’est pour le côté physique. Pour le côté psychologique, pour moi il faut faire pareil, et cela passe par s’éloigner du ski, couper les ponts, partir à la mer, faire d’autres activités, s’amuser, se ressourcer et recharger les batteries. Sans ça on ne part pas bien armé pour enquiller les longs mois et les nombreuses heures d’entraînement nécessaires à une bonne et pleine saison de ski de fond.

Comment vois-tu évoluer ta carrière d’entraîneur ?

Je vais d’abord poursuivre ma carrière d’athlète car j’ai toujours des rêves à poursuivres. Puis viendra le temps de me tourner à 100 % vers ma reconversion et là j’envisage de compléter ma formation d’entraîneur en ajoutant des compétences de préparateur mental et physique, car pour moi, la performance doit toujours être considérée dans sa globalité, et puis j’aime toucher à tout et apporter au plus grand nombre de manières différentes.

Un petit mot pour conclure ?

C’est l’heure du goûter, j’ai faim ! Alors comme je suis toujours athlète, j’y vais !